Questionnement sur le futur

Mise en place d'une fédération... Vous avez la parole !!

Questionnement sur le futur

Messagepar Mathieu Battier » 21 Février 2015, 01:30

Bonjour tout le monde,

Comme vous le savez (ou pas, justement), je ne suis pas vraiment investi dans les affaires de la FPK, dans son fonctionnement. Pour tout dire, il y a peu, je n’étais même pas au courant de son rôle et de ses buts. Ces derniers temps, au fil de réunions AGP, de discussions avec par exemple Aurélien Bonhomme, Valentin Dubois, David Pagnon ou d’autres, j’ai commencé à cerner doucement les objectifs de certains dans cette organisation. Tout d’abord bien sur, aider et structurer le milieu associatif, bien sur, mais aussi “développer le parkour”. Bien obscure que cette expression, “développer le parkour” c’est quoi ? Faire en sorte que tout le monde sache ce que c’est, l’encadrer, le réglementer ? Cela ne semble pas être un objectif louable dans un sport qui porte des valeurs de liberté, d’humilité et de discression, pourtant de l'extérieur c’est ce que semble faire la fédé. Au fil des discussions, j’ai commencé à repérer et comprendre des objectifs plus intéressants : faire du parkour un outil accessible à tous (rééducation, éducation populaire, etc.), financer des recherches scientifiques et médicales sur la pratique, développer un diplôme pour permettre aux traceurs de faire leur vie dans le milieu sans être dans l’illégalité ou le bénévolat “forcé”, ou encore créer des normes pour les structures et les salles. En somme, institutionnaliser la discipline a des bons et ses mauvais cotés. Ce qui est ressorti pour moi de ces discussions, c’est que les avancées de la fédération - et obstacles qui s’opposent à ces avancées - sont assez obscurs pour la plupart des traceurs. Je ne vais pas essayer de cerner les causes de ce problème, mais tout cela éveille ma curiosité. Je vais recontextualiser l’état d’esprit dans lequel j’écris ce message:

Je remarque depuis longtemps déjà qu’en France, il existe un clivage assez monumental entre le monde associatif et le monde professionnel. Il existe littéralement deux univers qui refusent de communiquer entre eux et se tournent le dos. La fédération a effectivement fait un travail sur le monde assocatif qui permet au parkour d’être ce qu’il est en france aujourd’hui, mais qu’en est-il de l’autre versant, celui professionnel ? J’écris ce message depuis Londres, où j’ai hier été au Chainstore Gym de Parkour Generations. Ici, il existe un diplôme d’état, mis en place en collaboration par cette entreprise et le ministère des sports, équivalent à notre brevet fédéral, et ce diplôme est professionnalisant. Le parkour est enseigné dans 80% des écoles. Quand on parle de Parkour Generations, les traceurs sont enthousiastes, personnes ne leur reproche leur modèle lucratif. L’ambiance aux cours est joviale, bref, on retrouve tout ce qu’on peut trouver dans nos associations françaises, à ceci-prêt que ceux qui s’y investissent gagnent de l’argent, que le parkour est reconnu, diffusé et accepté. Ouvrir une salle et y dispenser des cours n’est pas une vague rêve utopique “dans 15 ans peut-être”, mais c’est le présent.

J’ai discuté - des deux cotés de la manche - avec des gens impliqués dans ce “développement” du parkour, et les réponses qui reviennent pour justifier le retard colossal de la France sont plutôt abstraites. Globalement, je peux en isoler quelques-uns :

Les membres de la fédération ne s’investissent qu’assez peu par ce qu’ils ont carrément autre chose de leur vie, donc ça n’avance pas aussi vite que ça pourrait/devrait.
Le gouvernement français est plus lent, conservateur et précautionneux que le gouvernement du Royaume-Uni.

Autant, le premier point se passe de commentaire, autant le deuxième point mérite à mes yeux des approfondissements. Je vais sans doute être redondant avec des choses déjà expliquées ailleurs sur ce forum, sur le site, ou je ne sais où, peut-être c’est de ma faute et je n’ai juste pas demandé ces informations avant (mais du coup, c’est un peu le but de ce post ^^), mais comment ça se manifeste, explicitement ? Quels sont les “missions” dans le sens le plus pragmatique du terme que la fédé doit remplir pour que les choses avancent ? Les obstacles ?

On me parle souvent, pour répondre à cette question, d’argent. Il faut de l’argent pour payer les gens pour qu’ils puissent s’investir pleinement, il faut de l’argent pour financer des recherches sur la discipline pour permettre la mise en place d’un éventuel diplôme, il faut de l’argent pour former des gens, il faut de l’argent pour avoir un poids politique, mais j’ai l’impression que c’est la réponse facile, une bonne excuse. L’argent, certes, fait avancer les choses, mais (et je parle toujours de mon point de vue de néophyte), l’argent - enfin son absence - semble justifier à elle toute seule la totalité du non-avancement.

Sur ces point, je serai curieux d’avoir des éclaircissement, et qu’on me donne tort quant à ce que j’ai développé sur l’argent et le travail restant. L’argent, il n’y a pas que celui qu’on a, il y a celui qu’on peut avoir, l’argent potentiel, et celui-ci au aussi un grand poids. Et au delà de l’argent, il y a aussi tout le reste. Bref, il y a plein d’autres choses à faire. J’ai vu autour de moi beaucoup de gens claquer la porte de la fédé ou la dénigrer, au nom du conservatisme, de la mauvaise foi et des fausses excuses, alors j’aimerai, de l’intérieur, savoir ce qu’il en est.


Dans un deuxième temps, j’aimerai bien mettre sur la table un débat (encore une fois, peut-être déjà traité ?) qui semble loin d’être résolu : Quelles sont les “bonnes” et les “mauvaises” choses qui peuvent arriver au parkour, et une fois définies, quels sont les compromis qu’on est prêts à accepter ? Je vais donner un exemple d’actualité : la formation des professeurs d’EPS. D’un coté des voix s’élèvent pour crier que ce n’est pas du parkour, qu’on perd l’esprit, etc. D’un autre, certains voient là une manière de donner à tous la chance de toucher un peu de parkour, comme au collège on touche un peu de gym, un peu de badminton, un peu de tout le reste, sans pour autant les pratiquer “pour de vrai”. Alors, bonne ou mauvaise chose ? Le débat s’ouvre sur beaucoup de choses. Je suis curieux des positionnements “officiels” de la fédération à ces sujets. Je ne vais pas développer mon propre avis, je suis juste curieux de ce qui se passe ici.


Pour finir, une dernière question, parmi les points évoqués, considérez-vous que tous relèvent du rôle de la fédération, ou pensez-vous que certaines avancées (notamment au niveau du monde professionnel) doivent être faites par des entreprises, à l’instar du rôle qu’à joué Parkour Generations au Royaume-Uni ? Et dans un tels cas, quels seraient les liens entre cette/ces entreprise(s) et la fédération (puisqu’il me semble évident qu’un lien est nécessaire pour éviter de creuser encore plus le clivage) ?


Bref, voilà, en espérant n'avoir pas trop été redondant / provoquant =)
Dernière édition par Mathieu Battier le 21 Février 2015, 21:50, édité 2 fois.
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Re: Questionnement sur l'avenir

Messagepar Aurelien AGP » 21 Février 2015, 01:36

Les questions que tu te poses Mathieu sont probablement partagés par d'autres et elles sont légitimes, c'est pourquoi je vais essayer de répondre le plus clairement possible à un maximum d'entres elles.
Je vais essayer de resituer la FPK, les assos, les professionnels dans l'organisation du sport en France pour te faire comprendre le milieu dans lequel nous évoluons. Attention pavé, j'espère être clair, en tout cas c'est une première réponse, je ne reponds probablement pas à tout.
Que les autres membres du comité directeur complètent et corrigent, si jamais il manque des choses ou que j'ai fait des erreurs.



En bon pratiquant, je vais d'abord te dire que le parkour n'est pas un sport, c'est un art de vivre. Malheureusement, cette affirmation ne compte pas pour les textes de loi. Le parkour est une Activité Physique et Sportive (APS), définition :
Les termes d'Activités Physiques ou Sportives (APS) regroupent toutes les pratiques, qu'elles soient sportives, compétitives, de loisirs, extrêmes, libres, au cours desquelles le corps est utilisé, mis en jeu et ceci quelle que soit la valeur (physiologique, psychologique, sociologique) que le pratiquant lui prête

Cette définition large englobe a peu près tout donc, aussi bien le golf, le curling, que le parkour. Malgré toute notre volonté et notre spécificité, nous ne sommes pas à part. En tant qu'APS, notre activité est donc régie par le Code du Sport, cela vaut pour les associations et leurs bénévoles, que les entreprises et les salariés qui gravitent autour des APS.
Lien : http://www.sports.gouv.fr/organisation/organisation-du-sport-en-france/droit-du-sport/

Une grande partie des décisions et des choix de la fédération se font en connaissance (et à cause) de ce que permet ou ne permet pas le Code du Sport. Cette législation est française, elle ne s'applique pas dans d'autres pays d'Europe. Elle a ses points forts comme ses points faibles, mais en tout état de cause, nous y sommes soumis !
La FPK, a donc cherché depuis ses débuts à faire concilier notre activité et ses spécificités, avec un cadre auquel le développement de la discipline ne permet pas d'échapper, des traceurs qui se rassemblent et veulent s'organiser (assurance, compte en banque) vont avoir besoin d'une existence légale : l'association.

Les associations en France sont dites de ”loi 1901” (1908 en Alsace) qui définit que la liberté d'association permet à deux individus ou plus de se rassembler pour échanger des connaissances ou une activité dans un but autre que le partage des bénéfices. En clair une association peut manipuler de l'argent, mais elle n'est pas là pour que ses membres le touchent. Ce n'est pas une entreprise, les bénéfices ne sont pas partagés entre les membres mais sont réinjectés dans le fonctionnement de l'association. Cela explique en partie le clivage association/pro qui peut exister actuellement. Nous développerons plus tard.

La question qui se pose maintenant, c'est de voir où se trouvent les associations dans le monde des organisations sportives en France. Ce sont les clubs dans l'organigramme qui suit. Nous sommes la première pièce de l'édifice, tout en bas, loin des grand décideurs que sont l'Etat, le ministère, et il y a au dessus de nous d'autres institutions qui comptent et qui financent (Services déconcentrés, décentralisés, Fédés).
Lien : http://www.sports.gouv.fr/IMG/pdf/orgasportfrancais_sigles5.pdf

Développer le parkour, pour la FPK, c'est donc lui permettre de s'intégrer dans ce schéma et de dialoguer avec ”les autres”.
Les autres, ce sont les associations d'abord, la FPK recense les groupes, aide et relaie l'organisation du week end FPK ou du Summer camp qui sont l'occasion de rencontres avec des traceurs de toute la France, elle aide les demandes individuels qu'elle reçoie par mail, parfois pour simplement trouver une association ou des pratiquants, d'autres fois pour en créer une.
Les autres ce sont aussi les institutions, les collectivités, les autres fédérations, qui sont des partenaires obligatoires car déjà présents, qui s'intéressent au parkour ou au contraire ne s'y intéressent pas du tout, et nous sommes là pour expliquer, répondre aux craintes, rappeler nos valeurs et nos spécificités parfois, et rappeler qu'il y a un vivier d'acteurs du parkour : des centaines de pratiquants, qui n'ont pas beaucoup de visibilité mais font tous vivre avec coeur leur pratique.

Le coeur et la bonne foi ont leurs limites et ne suffisent pas à nous crédibiliser.
En tant que pratiquant, je suis frustré de voir des projets de parkour (stages, évènements, formations) récupérés par des non pratiquants, ou par des pratiquants que je sais attiré par la renommée et non pas par le développement altruiste du parkour alors que je connais tant de bénévoles qui sacrifient des pans de leur vie pour partager avec les autres, sans retour, sans gratitude.
La limite vient du système, des institutions et du public qui veulent des garanties.
Un parent qui laisse sont enfant souhaite s'assurer qu'il sera bien traité et qu'on prendra soin de lui lors de l'entraînement, une collectivité qui veut une évènement avec du parkour veut s'assurer que les intervenants sont compétents et ne mettent pas en danger les participants.
Dans l'opinion collective, une association de gym, avec gymnase et tapis amortissants est plus rassurante qu'un spot en extérieur, malgré toute l'expérience de l'encadrant. Notre discipline reste mal considérée et vue comme dangereuse.

Ce danger, dira tout traceur dépend des limites de chacun et de la gestion du risque ! C'est vrai mais on ne peut pas décemment demander à un débutant d'appréhender un obstacle comme le ferait un pratiquant autonome. Il faut pour partager le parkour et s'adapter à ces publics des connaissances de la discipline (pratique, théorie) et une pédagogie pour dispenser les connaissances à des profils différents (personnes agée, enfant, adolescent, handicapé, sportif, non sportif...).
Dans notre système, de nombreux diplomes forment à la pédagogie et aux sports dans tous les domaines, mais pour le moment, aucun diplôme n'est reconnu (par l'Etat) pour former des encadrants en Parkour. Il y a la une aberration : un éducateur sportif qui n'a jamais pratiqué de parkour est plus compétent pour les institutions qu'un pratiquant d'expérience. Pourquoi ? Parce que nous n'avons pas de modèle d'évaluations qui permette de dire qu'untel est compétent en parkour alors qu'un autre ne l'est pas. Il faut des diplomes pour exercer une activité dans notre pays, ils sont (censés) être garants d'un savoir faire, de compétences, de reconnaissances par ses pairs de la capacité d'un individu à partager son savoir-faire. Il existe des diplomes mais aucun reconnu qui ne parle de Parkour.

Au niveau local, en l'absence de diplome reconnu ”parkour” les associations sont rapidement bloquées. Avec un peu de chance elles disposent de pratiquants avec des Brevets Professionnels, des Brevets d'Etat ou des diplomes universitaires qui connaissent les APS, mais tous auront des diplomes qui ne couvriront pas spécifiquement le parkour.
Dans son objectif d'aider les associations l'un des buts premiers de la FPK a donc été de fournir aux associations une guide théorique sur les bases du parkour, notre BAO et développer un premier niveau de formation pour montrer qu'il est viable de théoriser notre discipline, que nous avons les compétences dans nos équipes pour le faire. Ce brevet fédéral est une première formation qui nous permettra petit à petit d'en développer d'autres en se rapprochant d'un objectif : faire accepter notre pédagogie et nos compétences à l'Etat : finir par avoir des diplômes reconnus pour le parkour (UN BP Parkour par exemple) et pouvoir former des gens dans les contraintes inhérentes de la discipline (gestion du risque, entraînement extérieur, techniques spécifiques).

Le contenu de la BAO a mis près de 2 ans à être rassemblé par nos bénévoles, c'est long. Malheureusement notre temps n'est pas infini.
Pour rappel, par rapport à ta remarque sur l'investissement Matthieu, les membres de la fédération sont tous bénévoles, comme dans la plupart des associations. Nous sommes mêmes nombreux à diviser notre temps entre nos associations locales et la FPK. Le manque de moyens humains, et le manque de temps sont donc un frein à notre développement. Si nous pouvions passer plus de temps sur la FPK ou nos associations, nous le ferions, mais il faut aussi gérer nos vies (études, travail). Il y a donc un manque de moyens : embaucher un salarié dans une association ou dans la fédération, obtenir plus de visibilité en créant plus d'évènement, former plus efficacement les associations en organisant des stages et en rémunérant les intervenants pour leur temps, défrayer les bénévoles qui traversent la France pour un projet fédéral... Autant de projets qui avancent lentement, ou ne se font pas car nous n'en avons pas les moyens : nous avons l'humain, mais nous manquons de financier.

Une association dépend essentiellement de subventions. Elle dépend aussi des évènements auxquels elle participe mais comme nous l'avons vu, l'absence de diplomes et de disponibilités sont des freins à cela (obligation de refuser des projets par manque de moyens humains, ou projets rejetés par des collectivités par manque d'assurance envers les compétences des traceurs). Or monter des dossiers de subventions, se plier aux contraintes inhérentes à chaque dossier, demande aussi du temps à ceux qui s'en occuppent, et même si cela aboutit, les effets de ce développement seront malheureusement essentiellement locaux. On aura des assos bien implantées (PK59 par exemple), mais toujours bloquées par les diplomes, ou l'absence de rémunération de possibles salariés dans l'association. Cela ne permettra pas de faire avancer la FPK ni de la rapprocher du ministère des sports.

Revenons à la fédération qui est vulgairement une grosse association et sur la manière de développer le parkour.
L'évolution de la fédération passe soit par son rattachement à une entité déjà existante (une autre fédération) avec le risque d'y perdre notre indépendance et d'y perdre le parkour (ce qui explique nos craintes face au développement du parkour dans les clubs de gym ou les fédérations multisports), soit par la reconnaissance au niveau national de notre pratique et de notre compétence à en gérer le développement :
- l'agrément ministériel dans un premier temps, reconnaissance de notre capacité à faire fonctionner la fédération correctement et à y développer le parkour. Reconnaissance aussi du rôle important que peut exercer la fédération pour une mission de service publique : le développement du sport et création d'un lien privilégié entre le ministère la fédération agréé. L'agrément permet d'obtenir des subventions, d'embaucher plus facilement des salariés (ex: contrats aidés, exonérations de charges)
- la délégation ministérielle, reconnaissance de notre capacité à édicter les réglements techniques autour de notre discipline. Il ne peut y avoir qu'une seule fédération délégataire par discipline, qui prend le nom de ”Fédération Française de tel sport”. C'est moins crédible que nous puissions obtenir la délégation, mais rêvons quand même !
Il va sans dire que l'obtention d'un agrément est soumis à des conditions, notamment d'ancienneté (3 ans d'existence et de preuve de bon fonctionnement). La FPK est jeune et commence à peine à remplir ces conditions. On parle ici d'administratif, il faut savoir être patient !
Un rapprochement avec le ministère c'est aussi un probable rapprochement avec le Comité National Olympique Sportif Français (CNOSF), qui a pour rôle d'unir (et donc reconnaitre) les fédérations sportives nationales et les associations sportives, à nouveau un tremplin pour faire reconnaître le parkour et faciliter son développement.

Depuis le début, je pose un cadre qui est essentiellement celui des bénévoles. Donc passons un peu aux rémunérations : Il existe essentiellement deux profils de professionnels du parkour, qui peuvent se recouper. Les artistes (cascades, spectacles, art) et les profs (qui initient ou entraînent et sont au contact d'un public). Le premier cas est plutôt libre, le deuxième réglementé par le code du sport :

Article L212-1 
I.-Seuls peuvent, contre rémunération, enseigner, animer ou encadrer une activité physique ou sportive ou entraîner ses pratiquants, à titre d'occupation principale ou secondaire, de façon habituelle, saisonnière ou occasionnelle, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa du présent article et de l'article L. 212-2 du présent code, les titulaires d'un diplôme, titre à finalité professionnelle ou certificat de qualification :
1° Garantissant la compétence de son titulaire en matière de sécurité des pratiquants et des tiers dans l'activité considérée ;
2° Et enregistré au répertoire national des certifications professionnelles dans les conditions prévues au II de l'article L. 335-6 du code de l'éducation.


Etre prof de parkour et être payé, c'est donc avoir un diplome sportif reconnu (BP, Licence/Master inscrits au RNCP), généraliste (puisqu'il n'existe rien en parkour), c'est donc laisser la possibilité à des non pratiquants de devenir prof de parkour sans avoir d'autre alternative à proposer. Je pense pouvoir généraliser en disant que les cheveux se hérissent pour tout traceur qui apprend qu'un non pratiquant enseigne le parkour. Le vide juridique qui existe sur la question des diplomes en parkour nous dessert.
La FPK a eu beaucoup de travail jusqu'à maintenant avec les associations pour ne pas vraiment se préoccuper de l'aspect professionnel. Cependant le parkour prend tellement de temps qu'un certains nombres d'entre nous -bénévoles associatifs- ont déjà sauté le pas, où envisagent de travailler avec le parkour. Un réseau quasi inexistant de personnes payés avec le parkour en France il y a trois ans commence à émerger et les demandes de prestations sont de plus en plus nombreuses. Il commence à y avoir du travail, et des gens qui veulent travailler, il y a des assos qui ont besoin de moyens et des pros qui sont plus aisément disponibles pour répondre aux demandes de prestations. Chacun marche sur les plates-bandes de l'autre. Un modèle économique commence à apparaitre, mais dans la réalite personne ne sait comment l'exploiter efficacement pour que tous s'y retrouve et nous n'avons pas la liberté économique et permet le monde anglo-saxon.
Toute la difficulté est c'est l'un des axes de travail que nous avons en ce moment, c'est de coordonner les différentes motivations pour ne pas perdre l'aspect loi 1901 (à but non lucratif) des associations et les besoins lucratifs des professionnels du parkour. L'idéal serait que les assos puissent embaucher des pros, pour éviter le clivage dont tu parles. C'est possible, mais on retombe bien souvent sur le problème des subventions, et ou des diplomes.

En résumé :
La FPK cherche à se positionner, et cela a toujours été le but depuis sont lancement officiel en 2012 comme un interlocuteur commun et fédérateur autour du parkour.
Ceux qui l'ont fondé, les premières associations à l'avoir rejoint ont vu les dissenssions qui existaient et c'est une volonté de rassemblement qui nous a rapproché dès le début afin de pouvoir continuer à pratiquer et à partager une discipline qui nous a à tous énormément apporté.
Ce rapprochement a fait son bout de chemin (de 5 assos à une trentaine) et doit dorénavant se faire de front dans plusieurs directions :
- Entre les différents courants qui existent dans notre discipline. C'est nécessaire pour une reconnaissance internationale auprès du CIO (en France auprès du Comité National Olympique Sportif Français) telle qu'initiée par the Movement, et dans un but de rassemblement avec les autres organisations du Parkour dans le monde (ex: Parkour UK qui est bien implantée en Grande Bretagne).
- Entre les bénévoles et les professionnels, dont l'amour pour le parkour est le même mais dont les capacités d'implications et la finalité (lucrative ou non) cause des crispations alors que peut-être tous pourraient y trouver leur compte. La FPK et les assos en tant que relais de professionnels lorsque les assos ne peuvent pas assumer des projets ? Les assos, employeurs pour lesdits professionnels ? La FPK formatrice pour les associations ? Des partenariats avec les salle privés type pkpark et une grille tarifaire pour les pros comme pour les assos ? Les pistes sont nombreuses, le travail titanesque.
- Entre les associations et l'Etat, la Fédération étant au milieu, pour faire remonter les besoins et les envies de la communauté, mais aussi pour faire redescendre auprès des associations les limites et la réalité de la vie sportive, administrative et politique française.


Alors la FPK est-elle en contradiction avec sa philosophie quand elle se propose pour former les futurs utilisateurs des Halles à Paris ? Non. Dans le mesure où nous préférons être actifs et présents qu'isolés et sans capacité de réponse quand d'autres, sans nos compétences, notre sens des réalités ou notre abnégation pourraient prendre cette place.
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Re: Questionnement sur l'avenir

Messagepar Melvin_Nantes » 21 Février 2015, 18:25

Je pense qu'Auré a répondu a l'ensemble des questions.

Il y a dix ans le parkour étant inconnu du grand public et des autorités sportives. Le seul site fiable étant parkour.net et les plate-formes de streaming tel Youtube ou dailymotion n'existait pas. Bien que cela ne soit pas si loin, c'est une tout autre époque. Les associations commençaient à peine à naître, les traceurs lissois ne voulait pas structurer la pratique. Le parkour était une pratique "underground", un pratique sacré pour les guerriers qui se transmettait par petit comité. Nous sommes bien loin de ce que les nouvelles générations vous connaissaient en rentrant dans le monde du parkour.
Le retard de la France est d'abord dû à une position forte de la majorité des pratiquants de ne pas vouloir développer le parkour. Les gens ont critiqué les rassemblements, puis les associations, puis PKIA, puis la fédération... Chaque projet de la fédération passe par un changement des mentalités des traceurs. C'est revient à devoir batailler pour le moindre nouveau projet, parce qu'on a des vieilles générations avec une grande influence et des idées pré-conçus qui ne veulent pas de changement ni d'évolution. Sans compter les guerres répétées entre les différentes factions des fondateurs. Il est plus difficile d'avancer quand tout le monde se tape dessus plutôt que de le faire unit. La fédération à jouer se rôle d'unificateur ces dernières années, la communauté du parkour s'est en majorité réuni sous la bannière de la FPK mais cela a été très dur et à demander un investissement important.
On compare souvent l'Angleterre à la France, qui ont deux modes de fonctionnement opposés. Il y a des choses possibles là-bas qui ne sont pas possible en France. Rappelons toutefois que les anglais nous ont dépourvus de notre plus grande richesse, nos traceurs. Parkour génération qui est le moteur en Angleterre est créé par les membres de la relève, qui ont lâchement abandonné la France, parce que cela été trop difficile pour eux d'y faire quelques choses. Nous avançons peut-être plus lentement mais notre mérité n'en est que plus grand.

Ce qui cause le plus de tort au développement du parkour en France, ce n'est pas l'argent, ou le manque de soutien des autorités sportives, ce sont les traceurs eux-même.
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Re: Questionnement sur le futur

Messagepar Mathieu Battier » 23 Février 2015, 16:35

Plusieurs choses à répondre. D'abord Aurélien :
Je connais le système administratif, et c’est typiquement ce genre de réponses que je critique. Mes question, c’était surtout “à qui as-t-on parlé ?”, “qu’ont-ils répondu ?”. L’administration française a beau être ce qu’elle est, tout ne se règle pas à coup de patience et de formulaires. Y’a-t-il des interlocuteurs “officiels” dans les ministères avec qui nous traitons ? Des positionnement officiels du gouvernement quant à la fédé ? Des “consignes” qui nous ont été donné pour accéder à ce qu’on demande ? Sinon, pour le reste des questions, tout a été éclairci je pense.

En terme de positionnement, notamment sur le diplôme spécialisé, est-ce vraiment une mauvaise chose de permettre à des non-traceurs d’enseigner ? Après tout, les APT et les profs d’EPS le pourront de toute façon. Pourquoi essayer de limiter le droit d’enseigner au maximum ? Évidement, laisser n’importe qui enseigner peut emmener des incompétents à la faire, mais c’est le cas dans toutes les disciplines ^^. Mais la question relève plus de politique sportive en générale que des préoccupations de la fédé, je vous l’accorde.

Ensuite Melvin : Je pense que tu dramatise. Si les traceurs qui ont quitté la France l’ont fait, c’est par ce que le Royaume-Uni a été plus attractif et accueillant que la France, et tu ne peux pas blâmer des gens de vouloir faire leur vie, ni affirmer à tour de bras qu’ils n’ont aucun mérite et qu’on est meilleurs qu’eux.

Ensuite, par rapport aux traceurs eux-même, je pense effectivement qu’il y a un problème. Aurélien, tu as parlé des gens qui investissaient des heures de leur vie dans leur association et qui sont bloqués.

“On aura des assos bien implantées (PK59 par exemple), mais toujours bloquées par les diplômes, ou l'absence de rémunération de possibles salariés dans l'association. Cela ne permettra pas de faire avancer la FPK ni de la rapprocher du ministère des sports.”

J’y vois un exemple typique de ce que je décrirais comme une ambition démesurées des associations. On veut faire des cours, on veut faire des initiations, on veut faire des démonstrations, et on veut, en plus de tout ça, garder l’esprit familial et soudé des entraînements entre traceurs. En plus d’être totalement incompatibles, je constate surtout que tout les objectifs de cette liste à part le dernier ne relèvent pas vraiment des préoccupations d’une association [de traceurs]. Une association peut faire beaucoup de choses, mais pas tout à la fois. Une troupe de théâtre des représentation et est une association de comédiens, mais pas une école. Un club de foot rassemble des élèves qui embauchent pour se former un prof diplômé extérieur à l’association. Un groupe de traceurs peut décider de s’associer et de faire des initiations [pour des clients extérieurs], des shows, etc. pour financer leur pratique, obtenir des aides, une salle, du matériel, etc. Mais il n’existe pas vraiment en dehors du parkour des associations qui rassemblent école, troupe et bande de pote. Et je pense que c’est pour une bonne raison.

Si une personne désire s’impliquer dans le parkour en promulguant des initiations à des jeunes, pourquoi ne se professionnalise-t-elle pas en passant un diplôme pour aller donner des cours, que ce soit dans une entreprise ou dans une structure “humanitaire” (avec des gros guillemets, tel que ce qui se fait à la mairie d'Échirolles pour ceux qui connaissent, à savoir la mairie qui embauche des BP pour faire des cours gratuit aux enfants), ou en travaillant pour une association ? Pourquoi quelqu'un désirant faire des représentations, des animations, etc., pourquoi ne se professionnalise-t-il pas dans une structure telle que la 3F (ouuuuh, gros mot ^^) ? J’ai l’impression que, dans l’état d’esprit des traceurs français, l’association est le seul modèle qui existe et ceux qui en sortent sont “les connards de freeruners avides qui font concurrence aux honnêtes associations”. J’ai vu plus d’une association meurtrie de l'intérieure par la volonté de tout faire à la fois, et je ne comprend pas pourquoi ce modèle n’évolue pas. qu’est-ce qui empêche, par exemple, de voir dans une ville deux ou trois associations différentes aux objectifs différents, plutôt qu’une seule qui essaye de tout faire, et qui ne fonctionne pas, et finit presque par dégoûter tout ceux qui voudraient s’investir dedans. Sans aller jusqu’à dire que tout le monde devrait se professionnaliser, je pense effectivement qu’il faut faire la part des choses dans les rôles que s’attribue une association. Une association, ça peut être deux choses : un groupement de traceurs qui se rejoignent pour bouger ensemble, ou un groupement d'élèves qui engagent un prof pour apprendre (club). Tout autre modèle me semble inefficace, et il serait temps de l'admettre.
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Re: Questionnement sur le futur

Messagepar Melvin_Nantes » 25 Février 2015, 02:15

J'ai vraiment dû mal à te suivre... :/

Plusieurs choses à répondre. D'abord Aurélien :
Je connais le système administratif, et c’est typiquement ce genre de réponses que je critique. Mes question, c’était surtout “à qui as-t-on parlé ?”, “qu’ont-ils répondu ?”. L’administration française a beau être ce qu’elle est, tout ne se règle pas à coup de patience et de formulaires. Y’a-t-il des interlocuteurs “officiels” dans les ministères avec qui nous traitons ? Des positionnement officiels du gouvernement quant à la fédé ? Des “consignes” qui nous ont été donné pour accéder à ce qu’on demande ? Sinon, pour le reste des questions, tout a été éclairci je pense.


On ne va pas te faire un compte rendu de chaque réunion, chaque mail ou chaque appel téléphonique passé entre un membre de la FPK et du cabinet du ministère des sports depuis 2009. Ca va être long... Mais oui, nous sommes bien en contact avec des personnes, mais comme tu le sais, les cabinet changent régulièrement et donc les directives aussi.

Voici un compte-rendu de Thomas B. avec Sidonie:

Un ptit compte rendu de ma réunion avec Sidonie du Ministère.

Tout d'abord c'est une personne très abordable et qui écoute et entend ce qu'on a à dire.

Le but de cette réunion était surtout de présenter la FPK et ce que nous faisons et la façon dont nous le faisons. Mais aussi de voir avec le MJS comment ils peuvent nous aider en fonction de notre projet de développement.

A l'heure actuelle, le MJS reconnait les structures associatives qui sont structurées et suffisamment solides pour assurer le développement de la pratique sur l'ensemble du territoire. Malheureusement ils ont de moins en moins de budget pour ça car qui dit reconnaissance dit obligatoirement subvention pour eux.
Comme vous le savez donc (ou pas), pour les structures qui sont en train de s'établir mais qui ne sont pas encore suffisamment autonomes pour gérer tous les aspects du développement national d'une pratique, le MJS conseille le rapprochement avec des structures existantes dans le cadre d'une mutualisation de moyen et d'un partenariat gagnant/gagnant.
Il faut savoir que Sidonie travaille avec Adil (UFOLEP) dans le cadre de différents projets et qu'elle doit le voir bientôt pour parler du Parkour à sa demande à lui. Je lui ai parlé de notre travail avec l'UFOLEP, que ça s'était bien passé avant la mise en place du BF Ufolep, qu'on avait été très surpris du discours tenu lors de cette formation et très déçus de la convention qu'ils nous avaient envoyés avec tous nos licenciés qui vont chez eux etc...


Concernant la FPK, on montre les éléments qui prouvent qu'on se structure et qu'on est sur la bonen voie comme une organisation pyramidale, les projets fédéraux (formation des cadres, volonté de pérénité financière etc...). Ca lui a aussi plu qu'on soit une structure qui regroupe 25-30 assos sur max une centaine en France (ce qui n'aurait pas été pareil si on en regroupait le même nombre mais pour 1000 assos en France).

En terme de travail à faire pour être reconnu par le MJS, il faut qu'on prouve qu'on se structure suffisamment. Ca passe par la mise en place d'outils de caractérisation de notre pratique (fiche de niveau, formations, documents référentiels etc...). Ca passe aussi par une tutelle par une fédé délégataire ou affinitaire qui serait un gros plus (j'explique après dans quel cadre). Il faut qu'on se blinde niveau sécuritaire, législation et encadrement dans nos docs.

- Monter le partenariat avec la PJJ serait un gros plus dans notre dossier.
- Avoir la reconnaissance utilité publique aussi.
- Réussir à avoir des salariés (service civique je me répète mais il nous FAUT monter ces dossiers!!!) serait un bon plus aussi.
- Il nous faut aussi un référentiel de formation (avec les niveaux de formation, les formations pour cadres (comme notre BF) mais aussi pour formateur de cadre etc...).
- Montrer qu'on essaie de rassembler notre mouvement pour avancer tous ensemble (mais ça c'est pas nouveau, si tout le monde se tire dessus ils ne soutiendront aucun organisme).
- Organiser des séminaires officiels ac d'autres Fédés dans notre genre/situation pour mettre nos problématiques en commun c'est aussi un gros indicateur pour eux (comme avec la Fédé d'échasses urbaines mais officielles, avec compte rendu, communication etc...).
- On peut regarder du côté des emplois aidés du CNDS pour embaucher du monde.
- Il faut privilégier les subventions locales pour avoir des fonds et subvenir à nos besoins.

Concernant la notion de tutelle, le but pour eux n'est PAS DU TOUT sur le fait de cannibaliser notre pratique par une autre Fédé et pas du tout dans une logique de licence (le MJS se fiche que telle ou telle fédé fasse plus de licence avec le parkour). Par contre ils reconnaissent des fédés et travailler avec ces structures pour la mise en place de référentiels communs c'est un gros plus. Comme le livret pédagogique fait avec l'UFOLEP par exemple. A savoir que tous les docs qu'on peut faire avec une fédé délégataire ou affinitaire, si ils sont reconnus comme législation fédérale et certifiés par le MJS (fait loi après le code du sport en cas de passage devant les tribunaux par exemple) pour cette fédé alors ils le sont automatiquement pour nous aussi car nous avons participé à leur création. On profite donc du référentiel officiel de la fédé reconnue qu'on aurait pas eu si on l'avait fait tout seul dans notre coin ce doc.
La création d'un CQP (donc générateur d'emploi) et aussi un gros point pour notre dossier et on ne peut pas le mettre en place tout seul.

Le MJS est prêt à nous accompagner pour nous mettre en relation avec des fédés si on est intéressé ou pour superviser la mise en place de ces documents de caractérisation et de vérifier qu'une fédé n'essaie pas d'absorber le parkour pour augmenter ses licenciés.
Eux pensent bien sûr à l'UFOLEP car c'est l'organisme qui s'intéresse au Parkour. A savoir que ce qu'on a vécu avec l'UFOLEP l'activité longe côté l'a vécu avec la Fédé de Marche Pédestre et ils ont fini par retourner bosser avec cette fédé après une cessation de partenariat et une mise au point des termes de partenariat et depuis ils développent beaucoup mieux leur activité en étant conforme à leur objet.

On peut aller sur le site http://www.sportsdenature.gouv.fr/ pour voir leurs fiches d'activités, c'est le type de document que souhaite le MJS avec des annexes comme la BAO (qui est trop technique pour être utilisée en fiche d'activité). Importance des notions et mots clés dans ces fiches (notamment sécu etc...).

On a aussi la possibilité d'organiser une rencontre avec le pôle nature de raid multisport présent au MJS qui a vécu la même chose que nous (se rattacher à une fédé etc...


En terme de positionnement, notamment sur le diplôme spécialisé, est-ce vraiment une mauvaise chose de permettre à des non-traceurs d’enseigner ? Après tout, les APT et les profs d’EPS le pourront de toute façon. Pourquoi essayer de limiter le droit d’enseigner au maximum ? Évidement, laisser n’importe qui enseigner peut emmener des incompétents à la faire, mais c’est le cas dans toutes les disciplines ^^. Mais la question relève plus de politique sportive en générale que des préoccupations de la fédé, je vous l’accorde.


Ceci n'est pas la réalité, un professeur ne peut pas enseigner toutes les APS, certaines ont des restrictions particulières. Le souci qui se pousse c'est une mauvaise connaissance des techniques en parkour peut entraîner un risque pour l'intégrité physique et morale du pratiquant. Les professeurs d'EPS soucieux de la sécurité de leurs élèves et consciencieux dans leur travail viennent se former au BF de la FPK.
La démocratisation amène de plus en plus de blessures, si tu veux parait à cett explosion, il te faut des gens un minimum formé. Les autres fédérations l'ont bien compris, elles forment des le plus jeune aĝe, leurs initiateurs.

Ensuite Melvin : Je pense que tu dramatise. Si les traceurs qui ont quitté la France l’ont fait, c’est par ce que le Royaume-Uni a été plus attractif et accueillant que la France, et tu ne peux pas blâmer des gens de vouloir faire leur vie, ni affirmer à tour de bras qu’ils n’ont aucun mérite et qu’on est meilleurs qu’eux.

Lol, je caricature un peu ;) mais il y a des vieux reportages où on voit des Vigroux et des Forrest qui parle de ce sujet ;)

Dans un deuxième temps, j’aimerai bien mettre sur la table un débat (encore une fois, peut-être déjà traité ?) qui semble loin d’être résolu : Quelles sont les “bonnes” et les “mauvaises” choses qui peuvent arriver au parkour, et une fois définies, quels sont les compromis qu’on est prêts à accepter ? Je vais donner un exemple d’actualité : la formation des professeurs d’EPS. D’un coté des voix s’élèvent pour crier que ce n’est pas du parkour, qu’on perd l’esprit, etc. D’un autre, certains voient là une manière de donner à tous la chance de toucher un peu de parkour, comme au collège on touche un peu de gym, un peu de badminton, un peu de tout le reste, sans pour autant les pratiquer “pour de vrai”. Alors, bonne ou mauvaise chose ? Le débat s’ouvre sur beaucoup de choses. Je suis curieux des positionnements “officiels” de la fédération à ces sujets. Je ne vais pas développer mon propre avis, je suis juste curieux de ce qui se passe ici.


Il est difficile de te donner des compromis sans savoir ce que l'on négocie...
Pour la formation des professeurs d'EPS, la FPK est pour. Mais là, cela impose d'autre contraintes, créer une formation, ok, mais qui va la faire? Il faut une personne avec un diplôme légalement, avec des compétences spécifique et du temps, qui le fera bénévolement en plus. On ne parle pas d'un initiateur de parkour ou même d'un éducateur avec un BP JEPS, on a besoin d'un cadre ou d'une équipe de cadre ( en gros des STAPS) avec une riche expérience du parkour...

Pour finir, une dernière question, parmi les points évoqués, considérez-vous que tous relèvent du rôle de la fédération, ou pensez-vous que certaines avancées (notamment au niveau du monde professionnel) doivent être faites par des entreprises, à l’instar du rôle qu’à joué Parkour Generations au Royaume-Uni ? Et dans un tels cas, quels seraient les liens entre cette/ces entreprise(s) et la fédération (puisqu’il me semble évident qu’un lien est nécessaire pour éviter de creuser encore plus le clivage) ?


La fédération fait parti du système associatif, elle est l'instance qui gère ce système, il est normal qu'elle joue ce rôle, mais la fédération ne peut gérer tous rôles. La FPK peut soutenir et aider aux développement professionnel, mais le développement du monde professionnel devra se faire par les professionnels eux-même.

Maintenant que j'ai répondu aux questions, je vais parler plus librement. Je n'arrive pas à te suivre, je ne comprends pas du tout, où tu veux en venir. Il est normal de se poser des questions mais je n'ai vraiment l'impression que la réponse te convienne.
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Re: Questionnement sur le futur

Messagepar Mathieu Battier » 25 Février 2015, 03:03

à vrai dire ta réponse colle plutôt bien aux problématique que j'ai évoqué ^^
J'ai juste un peu mélangé l'argumentaire de mon dernier post avec les soucis que rencontrent certaines asso, du coup c'était un peu fouillis.
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Re: Questionnement sur le futur

Messagepar Sacha_PKStras » 28 Février 2015, 00:00

Nous sommes plusieurs personnes au comité directeur à réfléchir à ces problématiques.
Viens-tu au WE FPK à Poitiers ? Ce serait l'occasion pour approfondir la question et mettre en marche des pistes de solutions.
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Re: Questionnement sur le futur

Messagepar Sacha_PKStras » 01 Mars 2015, 19:13

Certains membres du comité directeur ont commencé à réfléchir à ces problématiques lors d'une réunion skype en février.
Une partie des points que tu décris y sont abordés.
Si tu veux participer à la conversation, le résumé se trouve ici : http://www.fedeparkour.fr/forum/viewtopic.php?f=78&t=840
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Re: Questionnement sur le futur

Messagepar Mathieu Battier » 13 Mars 2015, 19:35

Merci je jette un oeil ! Et oui, je serai sans doute là.
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Re: Questionnement sur le futur

Messagepar ludovic » 28 Mars 2015, 22:11

J'ai écrit un pavé mais entre temps le forum m'a déconnecté. Dommage, j'avais balancé plein plein d'info :evil: Donc je le refais en blitz parce que je vais manger.

Mathieu tu résonnes à l'américaine va-t-on dire :) Les anglo-saxons "investissent" dans des nouveaux concepts en prenant des risques (le "potentiel" dont tu parles). Donc tout peut aller très vite, c'est la mentalité. Les banques ont investi dans parkourgenerations en flairant un business. En France tout est reglémenté, c'est culturel. La France a choisi de réglementer la moindre activité sportive. Les banques ne flairent pas grand-chose sauf le crédit de mamie tromblon. Donc oui formulaire et patience sont de rigueurs, surtout pour ceux qui veulent collaborer avec le gouvernement. Il faut 2 ans et un CAP pour balayer un carrelage je te rappelle :roll: Toute activité non prévue ou hors système entraine des aberrations : Les fondateurs du parkour ne peuvent pas légalement gagner de l'argent en l'enseignant, sauf à considérer cela comme une "activité artistique" :!:

Maintenant la FPK selon moi a rempli son objectif principal: création aisée d'asso, événements nationaux, forum pérenne, petit brevet fédéral. Tout passionné qui veut partager en a maintenant les moyens. La FPK pourraient s'arrêter là... Pourquoi pas ? C'est une bonne question un peu provocatrice mais le choix existe 8-) La pratique pro va se développer. Si on regarde aux US on a l'Apex movement, ils sont montés très vite (2010 je crois), ils font le taff, très bon niveau technique, déjà en collaboration avec les institutions mil / pompiers etc. Urban Free Flow qui ne faisait pas le taff (pas le bon esprit) a coulé... Le modèle pro fonctionnerait donc ! :mrgreen:

J'aurais plus, beaucoup plus, à dire... Mais même Poitiers ça fait loin de Brest :x A voir. Tchuss /ludo
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